Oui, la sexualité n’est pas réservée aux personnes valides, aux personnes qui ont tout ce qu’il faut là où il faut….
Effectivement, les stigmates de notre société voudraient tenter de normer les corps sexués mais surtout ne pas les sexualiser.
Le handicap physique ou moteur empêche parfois des positions, des capacités mais peu souvent le désir même si parfois le corps ne répond plus.
Respecter une personne c’est la considérer dans son intégrité et les corps médicaux comme les familles et les personnes autour ont tendance à facilement désexualiser les personnes notamment dans les structures d’accueil et de soin.

Pourquoi ?

Parce qu’envisager la sexualité de l’autre renvoi au tabou de sa propre sexualité !
Par exemple penser la sexualité des personnes de plus de 80 ans en général fait peur et prête à des réactions de gêne, parce que la scène primitive, celle d’imaginer ses propres parents faire l’amour pour nous concevoir n’est pas culturellement et judéo-chrétienne intégré comme un champ des possibles, il en va de même face à la représentation d’un corps handicapé.
Le dégout et la peur font réagir les gens par opposition et rejet, à causes des angoisses de frustration que cela implique à un niveau interpersonnel et psychique. Le travail des équipes médicales et encadrantes sociales consiste justement à permettre une ouverture d’esprit.

Alors comment quoi ?

Le droit prévoit des articles car la sexualité est un plaisir accessible à tous et une garantie des libertés de chacun reconnue dans les nécessités humaines.
L’Unesco l’a validé en 2005 en créant la Chaire mondiale de santé sexuelle et Droits Humains.

On parle aux assises de santé sexuelle qui ont eu lieu ce 24 mai dernier à la faculté de Clermont-Ferrand de « Sexualité des publics empêchés », ce qui peut outrer sur l’appellation mais qui permet d’intégrer chez les personnels médicaux un engagement à la réflexion.
On parle alors de « Sexclus », ce qui peut paraître discriminant.
Barbara GONCALVES,doctorante en droit à l’UDA explique la loi elle-même n’empêche pas.
Selon la définition générale de la Liberté sexuelle sur plan juridique
« la faculté de choisir la nature et le cadre de ses relations intimes »
Avénement de la société libérale : révol 1789 et code pénal 1791
Dépénalisation des relations homo et des incestes consentis
« capacité de l’individu à agir érotiquement sans contraintes.

Il existe ces principes là très présents et respectés dans le droit républicain :

  • Libre disposition de son corps
  • Vie familiale normale
  • Le consentement le droit de refuser l’acte n’est que récent car pénalisation du viol entre époux est très récent (Art 222-22 du code pénal )
  • L’intimité

Tout acte d’exhibition sexuelle est condamné, ce qui est devenu complexe sur les lieux d’enfermement, car parfois la sexualité ne trouvant pas sa place d’intime, il y a des « débordements ».

En réalité, lorsqu’une personne est placée au sein d’un établissement, elle a le droit à demander une zone d’intimité, un lieu hors caméra et surveillance, c’est un droit acquis et légitime !

Par exemple, les règlements intérieurs interdisant les rapports sexuels dans un établissement vont à l’encontre de principes juridiques supérieurs.

Ousman DIALO & Eric GOUIN représentent la maison d’accueil de personnes en situation de handicap mental à Issoire, le foyer des Rivalières où ils mettent un point d’honneur au respect des histoires d’amour entre les résidents et leur sexualité.

On imagine toujours quand on parle de handicap le fauteuil, l’oubli de la partie membres inférieurs, etc…

Et bien déjà cette partie là lorsqu’elle est touchée n’est pas empêchante tant que les fonctions cognitives et cérébrales permettent le consentement, le fantasme et l’imaginaire érotique et cela vaut pour tous les types de handicap !!

Il existe des solutions sensorielles et surtout liées à l’imagination qui peuvent permettre une activité sexuelle hors des normes habituelles.

La sexualité est présente dans bien plus de canaux de la vie que l’on imagine ! Par exemple il est possible d’avoir des orgasmes cérébraux, des orgasmes culinaires, auditifs, dès l’instant où l’on ouvre l’énergie sexuelle et le ressenti.

Il existe aussi des aidants, des personnes qui en tant qu’assistant ergothérapeutes vont permettre une position aux personnes pour qu’elles pratiquent ensuite en toute intimité.

Des sièges spéciaux ont été inventés par un français : les handilovers, qui permettent plusieurs fonctionnalités même pour une sexualité solitaire car retrouver une sexualité passe aussi par son autoérotisme. Un corps trop médicalisé, déshabillé face aux différents a besoin d’être réapproprié par son habitant, dans une érotisation pas à pas.

De nombreuses solutions existent donc !

Je reste à votre disposition pour tout complément !

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