Pierre Henri Tavoillot faire ou ne pas faire son âge, éditions l’Aube, La tour d’Aigues, 2014

Vita Basics, entreprise américaine est tout à fait révélatrice de cette nouvelle tendance du « mieux viellir », du jeunisme etc..avec un slogan soit choquant soit boostant « stop aging, start living », ce qui implique qu’il faut se trouver un second souffle à un moment de vie parfois difficile.

Entre « La maison d’os » de Pierre Richard, « Lolita » de Tarantino et « Tanguy » de Etienne Chatilliez, nous nageons dans une société baignée de confusion quant aux repères du temps. On masque les signes extérieurs de ce temps sur la vie,la peau, les tissus, les visages, ce qui vient donner des complexes à une sexualité, une sensualité qui elle aussi vieillit mais change comme le reste et évolue. La pensée binaire, soit on est beaux et jeunes, en plein « power », soit on est plus âgé et mis au rebus.

La capacité à « produire », procréer reste une valeur mise en avant dans les sociétés que nous vivons. Le faire, l’action, la réalisation sont autant de pressions injustifiées autant pour les hommes qui ont ce besoin de maintenir le phallus, le cap, le gouvernail qui leur impose cette rigidité non éternelle.

« Ne pas faillir », « ne pas faiblir », « ne pas avoir l’air flétrie », sont autant d’expressions dans la bouche de mes consultants qui viennent perturber leur rapport au corps. Je me souviens des échanges avec ma grand-mère, des « ce n’est plus de mon âge », de ces femmes dans les hammams, de tous âges qui se frottent les unes les autres le dos, à la recherche d’une tendresse perdue, d’un rapport au corps valorisant, aimant, et doux. Elles ne s’autorisent plus cela pour la plupart depuis des années face à un mari dont la sexualité s’est recroquevillée dans ses fantasmes les plus secrets.

A Vichy, le salon des « supers seniors » nous a permis d’ouvrir la parole sur cet aspect bien particulier du « bien vieillir », c’est-à-dire de dire, de montrer et d’assumer que non la sexualité ne s’arrête pas quand la capacité procréative se termine ni dès que les premières rides apparaissent !

Nous avons été étonnés du nombre de participants à la conférence « sous la couette », le maire a donc offert des kits sexys pour les 50 seniors qui ont eu la curiosité et l’ouverture d’esprit de venir.
Ils contenaient – un livre sympa « osez la sexualité après 60 ans » de

  • Un « plumeau » pour se chatouiller, se tittiller, se caresser délicatement car après la fougue des 20 ans il est aussi possible de passer à une sexualité plus sensuelle, plus cérébrale et sensorielle.
  • Un lubrifiant naturel et hydratant à base d’aloe vera, car la sécheresse induite par la ménopause et par l’âge n’est pas une fatalité, il est toujours possible d’améliorer son confort.
  • Un « cockring », qui va permettre, en serrant les testicules, de maintenir une érection et de découvrir de nouvelles sensations à ce niveau-là.
  • Des préservatifs hypoallergéniques et sans latex, car il ne faut pas oublier que l’âge ne protège pas des maladies et parce que le latex peut s’avérer agressif sur certains terrains fragilisés.

A partir d’un moment de vie où certaines facultés cognitives ou fonctionnelles sont perdues , le retour au sensoriel est bien nécessaire. Le but étant de s’adapter un maximum à la personne, on ne va pas conseiller les mêmes positions selon la pathologie, l’arthrite, les rhumatismes vont donner lieu à la créativité, à une autre approche plus large que le génital. La génération « papy boom » a été celle de la libération mais aussi des tabous, où les pratiques telles que le cunnilingus, le ticling, les jeux de rôles n’ont pas forcément été ancrée dans les mœurs no même expérimentés dans la jeunesse.

Lorsque l’on perd l’odorat, puis le goût, la vue etc…à cause des maladies dégénératives liées au vieillissement, tout le travail consiste à développer l’imaginaire érotique, aller chercher des archétypes, des fantasmes dans l’inconscient, notamment via la création, écrite, plastique, ou l’expression corporelle.

Le principal problème arrivé à un certain âge est souvent la circulation de l’énergie. Ainsi, en travaillant tout doucement les méridiens et les muscles de l’énergie sexuelle. Un bon périnée et une bonne langue remplacent mille sexes drus !!

About the project